Waste Land

A l’origine du projet, Vik Muniz, artiste contemporain. Il donne vie aux choses que l’on rejette.
Il a envie de changer la vie et la vision des gens sur les matériaux de tous les jours. Il veut transfomer ces matériaux en une idée. Cela fait un moment qu’il réfléchit à travailler avec des détritus. Il recherche alors sur quelle image travailler. On lui conseille la plus grande décharge au monde, celle qui reçoit tous les déchets de Rio et de ses banlieues proches.
Cependant il y a déjà plusieurs problèmes à travailler dans un tel endroit : entouré de favelas, le traffic de drogue mais aussi les gens qui travaillent sur place, exclus de la société …
Mais il ne renonce pas car pour lui cela serait encore plus dur de se dire que l’on est incapable de changer leurs vies. Dès lors il se pose la question de savoir, si oui ou non, l’art peut changer les gens ? et quel accueil pour son projet ?

Jardim Gramacho picture by Vik Muniz1 150x150 Waste Land

La décharge de Jardin Gramacho.
C’est la plus grande décharge au monde en terme de volume de déchets reçu par jour. Des collecteurs de papier, plastique, verre, métal … travaillent nuit et jour au milieu des ordures. Ce sont eux qui recyclent les déchets, ils travaillent sur commande des vendeurs du marché. Ces derniers sont les intemédiaires d’autres entreprises qui à leur tour revendent aux entreprises qui ont besoin de matériaux pour leur production.
Les pickers (ang) ou catadores (esp) traitent par jour 200 tonnes de déchets, ce qui est l’équivalent de la production de déchets d’une ville de 400 000 personnes.
Ils sont donc très importants car ils permettent le recyclage de la moitié du volume quotidien.

Puis on entre en contact avec les catadores, qui sont tous plus ou moins regroupés derrière l’ACAMJG (association des catadores de Jardim Gamacho). Ils sont au nombre de 3000. On rencontre leur représentant et président de l’asso, Tiao, mais aussi Zumbi, Irma la cuisinière, Suelem la jeune maman … et au fur à mesure que l’on découvre ces gens, le documentaire bascule.
On est touché par la lucidité des collecteurs qui préfèrent l’hônneté de leur travail, et fiers de leur utilité, plutôt que de faire les métiers que d’autres ont choisi en rapport à la drogue ou à la prostitution. On est surpris par le contraste entre la pauvreté de ces gens et la richesse intérieure dont ils font preuve : leur bonté, leur dévotion, leur culture.

Modele wasteland 1 150x150 Waste Land

La musique de Moby accompagne très bien le film de la réalisatrice Lucy Walker. Elle nous livre un documentaire touchant, juste et beau malgré le cadre. Une lumière sur la vie des ces travailleurs qui fait ressortir la beauté de ces gens, et pas seuleument à travers les réalisations de Vik.

Quand au travail de l’artiste il consiste d’abord à repèrer sur le terrain, il prend de nombreuses photos de gens. Il en sélectionne certaines, puis il projette ces photos sur le sol avec de la hauteur. Il travaille sur la photo géante ,à l’aide de tous les participants , où ils utilisent tous les déchets collectés afin de remplir et donner vie à ces photos.
Vik Muniz est aussi très pédagogue dans son projet car il explique à tous les collecteurs, qui participent à son projet, à quel moment tous les matériaux mis ensemble se transforment en autre chose, créent une émotion, créent de l’art.
Vik Muniz s’engage auprès d’eux à reverser tous les bénéfices de la vente de son travail à Jardin Gramacho. Et c’est ce qu’il a fait. La somme collectée s’élève à 250 000 dollars. Cela a permis à l’ACAMJG d’acheter un camion et des équipements, mais aussi d’ouvrir un centre de ressources.

Lien officiel du site : Waste land

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Présentation de l’artiste Vik Muniz (traduction de la biographie issue du site Waste Land):

Il est né dans une famille ouvrière à Sao Paolo, Brésil en 1961. Jeune homme, il est blessé par balle à la jambe alors qu’il tente de s’interposer lors d’une bagarre. Il reçoit en dédommagement pour ses blessures de l’argent qu’il utilise afin de financer un voyage à New York, où il vit et travaille depuis la fin des années 80.

Il commence sa carrière comme sculpteur, mais progressivement il devient plus intéressé dans la partie reproduction photographique. Au final il consacre tout son travail à la photographie. Il intègre une grande variété de matériaux très différents dans son processus photographique. Travaillant souvent en séries, Vik utilise des déchets, des diamants, du sucre, de la ficelle, du sirop de chocolat et autres détritus, afin de créer un audacieux, un spirituel et souvent bluffant rendu d’images inspiré du journalisme photo et de l’histoire de l’art.

Son travail rencontre à la fois le succès commercial mais aussi l’acclamation des critiques, il est exposé à travers le monde.
Son exposition au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro a connu un record de fréquentations, seulement devancé par l’exposition de Picasso; c’est là que Vik expose pour la première fois ses « Pictures of Garbage Series » au Brésil.

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